( en silence )

Minolta XD7, 50mm f 1:1,2
Foma 400 ie 250, Rodinal 1+50

qu' importe
qu' il s' agisse
de crayons
de piques
de pieux
ou de plumes

l' oiseau
vaincu par la terre
est tombé
pas un mot
ne vient
ni un soupir

la nuit
malgré la petite lampe
étale au bord d
u lit je tourne
des pages des pages &
des pages blanches

la nuit

OM4/50mm
Foma400 ie 250 / Rodinal 1+50

demain il fera jour
je me dis ça souvent
pas pour espérer
les étoiles sont plantées
à coups de marteau
répétés mais je n' y
comprends rien les mains
sur les oreilles ne suffisent
pas j' oublie le décor
j' oublie de parler
j' oublie de respirer
d' écrire mais pas longtemps
tu sais la nuit est restée
couchée à côté de moi
 

s' embrassent

Olympus OM4, Foma ie 250
Rodinal 1+50

ils s' embrassent ne se
connaissent pas la terre
tourne les nuages les sai
sons ils s' embrassent j' ai
merais croire qu' ils s' ai
ment ils dansent immobiles
le monde bascule ils grand
issent seront gros si je re
viens des années après
la vitesse des arbres
devrait laisser rêveurs
les hommes ils n' ont pas
déjà commencé nous a
vons tout oublié  la
marque de l' un sur le
corps de l' autre sta
tues peu à peu chan
gées elles dansent elles 
ne sont ni soeurs ni frères
une histoire d' amour & de
hasard & nécessaire
je suis un arbre

les voix

Olympus OM 4, Foma 400 ie 320
Rodinal 1+50

si la nuit j' invoque
les fantômes
force le jour
de reconnaître
ma folie les voix

n' ont pas cessé
les chaises sont
vides le jardin désert
je ne crois plus
ma solitude

la transparence
après celle
de l' obscurité
après celle
des tissus les plus fins

après celle
de la nudité elle-même
atteint l' horizon
car il y a
aussi le bruit de la mer

de l' est & des
rires enfantins
recouvrent certains mots
les chaises sont
vides le jardin désert
 

cathédrale

Olympus OM4, Foma 400 ie 320
Rodinal 1+50

Quinte
le piano sonnait juste
la caresse presque rugueuse
d' une main qui pèse
il n' y avait pas de piano
au temps des cathédrales
tu n' en sais rien
jusqu' à preuve du contraire
alors crois !

Octave
le piano sonnait juste
certaine lucidité
n' entend pas
la différence du même
je me plais entre
les violons les flûtes
ou les hautboivent
d' ivresse aimons-nous

Quarte
le piano sonnait juste
ce qu' il faut ni
(trop/trop peu)
& puis sans prière
tu regardes le ciel
comme un sourd
les mots n' en viendront pas
plus que le silence

la route

OM4, Foma 400
Rodinal 1+50

le sablier
ignorant
la gravitation
entasse
la distance
du bas
vers le ciel
recommence
à chaque pas
chaque tour
de roue
derrière nous
le sillage
ne laisse
qu' un bruit

quand j' irai
quand tu reviendras
nous nous
arrêterons
à l' exact
milieu
embrassés  

(la nuit)

ICA Sirene 135
nég. papier, expo multiple

la nuit

la lumière
 regarde
dans la chambre
le corps

l' homme
donne
plusieurs image

la lumière

la nuit
 prend
dans ses silences
l' homme

le corps
laissé
derrière lui